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Chroniques d'Emily - Partir à l’international – Entrevue avec Frédéric Demers du Chantier Naval Forillon

Bienvenue à cette toute nouvelle édition des Chroniques d’Emily ! Ce mois-ci, nous avons eu la chance de discuter avec M. Frédéric Demers, directeur des ressources humaines au Chantier Naval Forillon, afin d’en apprendre davantage sur les missions de recrutement international organisées par le MIFI : les Journées Québec.


Frédéric Demers au kiosque de Journée Québec France à Paris. Crédit : Journées Québec France.
Frédéric Demers au kiosque de Journée Québec France à Paris. Crédit : Journées Québec France.

Comment avez-vous entendu parler des Journées Québec ? C’est en discutant avec notre conseiller régional en immigration du MIFI ! Il m’a dit « Savais-tu que le MIFI peut t’accompagner dans la mécanique de toute la paperasse reliée à l’accueil de travailleurs étrangers temporaires ? Vous n’êtes pas obligés de travailler avec les firmes externes ! » De là est venu les Journées Québec ; un événement qui vient combler les étapes de recherches et sélections des candidats, la première étape menant au recrutement de travailleurs.


Pourquoi avez-vous décidé d’y participer ? Parce que c’est une méchante belle machine. Là-bas, le MIFI fait la promotion, la publicité et l’affichage pour que les gens s’intéressent aux Journées Québec, à l’idée de venir au Québec et aux entreprises qui sont présentes. L’équipe du MIFI coordonne tout le séjour « clé-en-main », de notre départ du Québec jusqu’au retour, en s’occupant des réservations, des repas, d’activités et ce, à un coût bien abordable. Ils s’occupent également d’un premier tri de candidatures car l’engouement est grand de venir s’établir chez nous.


Combien de missions avez-vous réalisées jusqu’à maintenant ? Nous avons fait quatre missions au total :

  • Une mission hybride au Maroc où on a embauché un électromécanicien, Ismail.

  • Une mission en présentiel à Paris où on a embauché un électromécanicien, Papa; un soudeur, Alexandre; et un menuisier qui est présentement en démarche pour venir.

  • Une mission en présentiel au Maroc où on a embauché un mécanicien, Bick.

  • Une mission en présentiel en Tunisie où on a embauché neuf travailleurs, dont cinq soudeurs, un plombier, un machiniste, un mécanicien et un menuisier.


On recrute surtout pour des soudeurs, mais ce n’est pas ce qu’on va trouver nécessairement. Et on n’embauche pas n’importe qui : l’expérience, la personnalité et l’attitude doivent respecter nos critères de sélection et notre culture d’entreprise.



Frédéric Demers avec ses travailleurs actuels provenant de Journées Québec. Dans l’ordre : Bick, Papa, Frédéric, Alexandre, Ismail. Crédit : Joanie Dansereau-Béchard.
Frédéric Demers avec ses travailleurs actuels provenant de Journées Québec. Dans l’ordre : Bick, Papa, Frédéric, Alexandre, Ismail. Crédit : Joanie Dansereau-Béchard.

Une mission avec les Journées Québec, c’est quoi ? Quelles sont les différences entre le présentiel et l’hybride ? C’est un weekend d’entrevues personnelles extra intense, du matchmaking. En présentiel, le nom le dit, tu es là sur place. En formule hybride, les gens là-bas se déplacent dans un centre de congrès remplis de cubicules et ils sont accompagnés de gens de Journées Québec pour venir te rencontrer en Teams.


C’est très rapide : tu arrives le vendredi, le samedi et le dimanche tu passes des entrevues toute la journée (entre 20 et 30 entrevues par jour), et le lundi tu reviens. Ça vaut la peine d’aller en présence pour voir l’attitude et la personnalité des candidats. Les compétences, ça se voit sur un CV, mais il y a plus que ça. En présence, on peut tout communiquer et couvrir un maximum de sujets (la famille, la religion, la vie à Gaspé). Dans notre cas, le français est très important, car la communication en usine est courante et constante ; c’est donc très important pour le bon fonctionnement de l’entreprise. On n'évalue pas le français par test, mais en communiquant.


Quelles sont les réflexions et les démarches à faire avant d’y participer ? Avant de se lancer dans de l’immigration et l’accueil de travailleurs étrangers temporaires at large, il faut s’assurer de notre capacité d’accueil et d’accompagnement corporative. Il faut avoir cette capacité dans notre entreprise, car on est le premier port d’attache du travailleur dans sa nouvelle vie.


Après, il faut être conscient de toute la mécanique de l’immigration, car ça reste des procédures assez longues et lourdes. Il faut aussi avoir la vision de nos besoins, car les délais entre le moment où tu rencontres le travailleur aux Journées Québec et le moment où il arrive dans ton entreprise sont entre huit mois et un an et demi. La première fois qu’on l’a fait, on ne l’a pas fait comme urgence, mais comme une option parmi d’autres à la pénurie de main-d’œuvre.


Il faut aussi bien déterminer quel pays a le bassin d’expertise qui répond à ton besoin. Après, il y a la langue, la culture et la religion ; il faut que ça colle bien à ta culture d’entreprise.


Avez-vous reçu un grand nombre de candidatures intéressantes ? Journées Québec crée un engouement dans la population là-bas et il y a beaucoup trop de candidatures. Pour combler 3 postes, on part de 20 000 candidats triés à 2000 par Journées Québec. On tombe donc à 2000 candidats qu’il faut nous trier à 60 pour les entrevues. Au final, selon nos critères de sélection, on peut repartir avec seulement quelques embauches, voire une seule comme pour le Maroc.


Avez-vous réussi à combler les postes visés par les missions ? Oui et non. Je n’arrivais pas là-bas avec une attente précise, donc je n’ai pas de déception. Il faut se rappeler que c’est une partie de la solution d’embauche ; nous n’y allons pas pour embaucher tout notre monde. Nous voulons également embaucher localement, régionalement et internationalement. Ça fait partie d’un tout.


Est-ce que vous prévoyez faire une autre mission ? Oui, mais nos prochaines missions vont être ciblées. Par exemple, on ne retournera pas au Maroc, car on avait de la compétition qui avait de la mécanique de recrutement beaucoup plus grosse que la nôtre. Ce qui a fait que je me sentais seule comme entreprise ; il n’y a pas juste l’entreprise à vendre, il y a la région aussi. Ça dépend aussi beaucoup de tes critères. Nous, on a des critères précis et on se sent bien avec ça. Pour nos prochaines missions, on s’aligne pour une année sur deux à Paris (pour les métiers spécialisés) et l’autre année en Tunisie (pour les métiers de production), car il y a ces bassins d’expertise dans ces deux pays et le français y est bien présent.



Photo de groupe (organisateurs/entreprises québécoises) à Journée Québec France à Paris. Crédit : Journées Québec France.
Photo de groupe (organisateurs/entreprises québécoises) à Journée Québec France à Paris. Crédit : Journées Québec France.

Quels conseils donneriez-vous à un employeur qui pense réaliser une mission à l’international ? Si c’est possible, y aller à deux participants car c’est pas mal exigeant comme mission et il faut être bien en forme pour être bien à l’écoute des candidats, oh, et il y a aussi le décalage horaire à gérer ! Ensuite, outre les réflexions et les démarches à faire avant d’y participer, côté immigration, il faut aller dans des métiers qui se font à l’année, car ils n’acceptent pas « toutes autres tâches connexes ». Un autre conseil est de profiter au maximum du contact humain quand tu es avec les candidats sur place là-bas, de voir si les candidats collent bien avec ta culture d’entreprise. Aussi, saisir l’opportunité d’être dans un autre pays pour t’imbiber de la réalité de ces gens afin de mieux les accueillir en sachant ce qu’ils quittent pour venir s’établir à Gaspé. Enfin, ne pas oublier que le recrutement à l’international ce n’est pas La solution, ça fait partie d’une solution.


Un grand merci à M. Frédéric Demers pour sa collaboration! Pour en connaître davantage sur le Chantier Naval Forillon : https://chantier-naval.com/. L’entreprise est d’ailleurs toujours en recrutement, pour plus d’informations : https://chantier-naval.com/carriere/.


Vous pensez à embaucher des travailleurs étrangers? Vous êtes prêts à vous lancer dans le processus? Vous êtes déjà lancé et vous avez besoin d’accompagnement? Peu importe la situation, vous pouvez me contacter : 418-368-7000 poste 233 ou emily.bernatchez@cotedegaspe.ca. 

Surveillez aussi ma page Facebook : Emily Bernatchez MRC.  

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